vendredi 20 novembre 2015

James Bond le commencement

Pour rejoindre l'auteur Michel Marchand et lui donner vos commentaires:     cadransolaire@cgocable.ca

A la lecture de ce récit, vous comprendrez pourquoi James Bond fut le meilleur des agents secrets du Mi6 car lorsqu'il était enfant, au berceau, il se produisit lors d'un soir d'orage violent, un phénomène dont il n'aurait jamais le souvenir mais qui changea irrémédiablement  le cours de sa vie et le fit entrer dans la légende.




James Bond... le commencement

Était-ce bien des années avant ou après la deuxième grande guerre...on ne sait trop mais ce matin-là, le fond de l'air était beaucoup trop lourd. La MG décapotable, sortant d'une courbe délimitée par une clinquante clôture de perche, passa habillement et avec fougue, de la première à la deuxième vitesse puis la troisième sur une route luxuriante bien incrustée dans la bienheureuse campagne anglaise. Quelques kilomètres plus loin, le pilote rétrograda avec aplomb pour pénétrer sous l'imposant grillage menant par un long et sinueux chemin à l'orphelinat Ste-Mary. Un bâtiment à quatre tours, massif, trapu, formé de grosses pierres foncées datant de la période médiévale qui certainement à l'époque, avait dû résister très facilement à un mélange de pierres et de bois enflammés projeté par les catapultes; des stigmates étaient encore visibles dans le schiste. Ce témoin du passé était situé quelque part, loin des regards, perdus aux confins d'une vallée du Devonshire.

Devant le portail principal, un jardinier vint à la rencontre de l'homme qui descendit précipitamment du cabriolet tenant un porte-document de cuir menotté à son poignet. Deux grandes portes fabriquées dans un bois massif s'ouvrirent lentement. L'homme pénétra l'enceinte. Elles se refermèrent.
Le fond de l'air était lourd, disait-on, si bien que durant la soirée, des averses très fortes commencèrent à tomber dans ce coin perdu, un endroit complètement méconnu, ignoré de Londres...une nécessité...
La damnation du Créateur allait s'abattre sur le pays. Des orages d'une rare violence allèrent donner davantage de sinisme à ce décor déjà troublant. Au milieu de la nuit, un coup de tonnerre, un gigantesque éclair blanc frappa le vieux chêne tordu dominant la propriété. Les pensionnaires de l'orphelinat, réveillés depuis longtemps, se crispèrent avec effroi. Les cris et les pleurs des jeunes âmes en détresse éveillèrent comme à l'habitude, très rapidement, une panique générale. Pour la très grande majorité d'entre, ils avaient subis à l'accouchement le choc violent d'une séparation trop rapide avec la mère sans aucune tendresse et un réconfort qui aurait dû se consumer dans la nature des choses pendant plusieurs minutes après l'acte, ou jusqu'au temps que l'enfant se calme du traumatisme. Comme il y a eu répétition de ce manque de tendresse dans les jours et les semaines subséquentes, en affront à la vie qui émergeait et qui ne demandait qu'à s'exalter de sa propre existence, un sentiment d'insécurité en vint dès lors à les habiter.

 Il y avait un jeune enfant nouvellement arrivé à l'orphelinat dans son lit et d'à peine âgé de deux ans qui n'allait pas, de par toute la tristesse du monde, échapper au déchaînement de la nature. On l'avait retrouvé en état de choc, au côté de sa mère assassinée, dans un appartement insalubre de White Chapel. L'enfant avait certainement été aimé et chérie de cette mère indigne des grands salons mais pourtant, cette jeune maman avait été élevée dans un luxe et un confort très largement au-dessus de la moyenne.

Ainsi, la lumière aveuglante des éclairs frappait les murs humides recouverts d'un vert de gris poisseux favorisant des ombres malsaines pour l'esprit et ce vacarme incessant qui n'en finissait plus, ajoutait davantage au drame éprouvé des pensionnaires.



Il tenait ses barreaux de toutes ses forces. Ses pleurs ne tardèrent pas à devenir convulsifs. Les yeux baignés de larmes, les joues rougis par la frayeur, une photographie accolée au mur arriva tout à coup dans son champs de vision. C'était celui d'une jeune femme, de la Princesse d'York; un portrait officiel d'Elizabeth comme tant d'autres qui étaient distribués et accrochés partout dans les maisons et les institutions de toute la patrie. L'inconscient perçut cette jeune et belle princesse, bien vivante, émergeant du mur comme par magie et expressément apparue pour lui. Son attention se fixa aux yeux apaisants de celle qui le regardait avec tendresse. Belle, réconfortante, jamais un si beau sourire ne lui avait été prodigué depuis son arrivé dans ce lieu austère et froid. Pour la première fois dans la vie de cet être humain se produisit un lien si puissant qu'on le considérerait, et de loin, supérieur à celui d'un nourrisson collé à sa mère. Cet orphelinat devint pour lui, aussi chaleureux que la plus agréable et la plus belle des chaumières que compte le Royaume-Unis. L'enfant n'entendait plus aucun bruit extérieur même si toute la force du ciel faisait en sorte de multiplier mais en vain sa mainmise sur l'esprit qu'il semblait vouloir détruire. Il ne voyait plus les fortes lumières des éclairs ni les ombrages provoquant la peur sur les âmes fragiles; il n'existait plus rien que ce regard d'ange. Totalement irradié d'un feu ardent jusqu'à la moelle, une grande plénitude s'installa maintenant au plus profond de lui. Surprenant pour l'inconscient d'un humain que de contempler un si beau visage au sourire resplendissant et qui demeure inchangé malgré tous les bruits extérieurs. Le plus bienheureux des poupons n'aurait jamais pu bénéficier d'un moment aussi privilégié car il aurait eu à ressentir, subir les  soubresauts même infimes de sa mère dans des circonstances similaires.
Ainsi, de manière implacable, l'inconscient ne percevant aucune variation de l'émotivité en regard de la situation qui semblait, voilà quelques minutes à peine comme étant catastrophique, apeurante, voir horrifiante, ordonna irrévocablement à l'enfant que rien ne devait, ne pouvait plus le perturber puisque celle qui lui était apparue pour le rassurer étant restée de glace devant l'orage... il avait maintenant cette délectable, enivrante faculté d'affronter, lui aussi, la puissante et impitoyable colère de Dieu. Cette redoutable logique lui dicta sans équivoque que rien n'aurait dorénavant d'emprises sur les événements, sa vie, les choses et les êtres qui allaient bouger autour de lui.

Cette belle figure lui signifiait, lui imposait tout en étant baigné dans une sublime douceur que de se retrouver devant le danger ferait en sorte, à l'avenir de quintupler l'adrénaline coulant dans ses veines, à devenir interactif sur le champs sans aucune possibilité de recul afin d'anéantir l'élément destructeur jusqu'à employer le plus naturellement du monde, une extraordinaire cruauté, à celle que l'on attribue instinctivement au tigre, et ce, sans aucune espèce de remords.

C'était maintenant la seule voie possible pour retrouver la bonté charnelle qu'inspirait ce doux visage afin que l'âme et le corps restent fusionnés. Le cerveau de l'enfant l'avait perçu ainsi. Le sourire de cette belle Dame avait mis en place une terrible, indubitable et implacable équation que possiblement aucun être humain n'avait eu à vivre depuis même le début de l'humanité. Telle une marque indélébile laissée par un violent coup de masse propulsé à grande vitesse dans un mur de briques, ce sentiment nouveau, incrusté faisait maintenant partie de lui pour toujours. Pliant les genoux de fatigue et ne la laissant jamais du regard, il continua de la fixer et bien que le ciel allait terminer de se déchaîner avec rage jusqu'à  l'aurore, jamais il n'eut à cligner des paupières une seule fois même si les éclairs frappaient impunément, effrontément son beau visage. Puis maintenant au-dessus de toute chose, imprégné d'un calme saisissant, dans la prochaine heure, l'enfant s'était malgré le vacarme...endormi. À la barre du jour,  il se réveilla et ressentit une plénitude, une tranquillité jamais éprouvée auparavant puis il  regarda encore de longues minutes sa belle princesse jusqu'aux temps où le réveil brutal des religieuses mit un frein à ses rêveries. Dans les jours, les semaines, les mois, les années qui passèrent, son regard sur le portrait mal encadré d'une vieille photographie de la future Reine d'Angleterre s'atténua peu à peu. Jamais l'enfant n'aurait souvenir de cette nuit mais aucun orage ne pouvait maintenant réveiller le petit couché dans le lit aux forts barreaux de fer dont on pouvait à peine lire sur une plaque ovale de laiton massif noircie par le temps entre le lit ''i'' et ''k'', la lettre ''j''.

 6 ans           James Bond le commencement




Le bureau était d'un grand luxe, immense pour le jeune enfant placé devant l'embrasure de la porte grande ouverte.
Il perçut au premier coup d'œil jusqu'au fond de la pièce, des gargouilles, monstres et d'hideux visages de vieilles sorcières sculptés dans la pierre et le bois, bien placées en évidence au  pourtour et tout en haut des grandes bibliothèques vitrées.
 
Au même moment, dans une autre pièce séparée par un large mur de pierre de plus d'un mètre et demie d'épaisseur, un spécialiste en science du comportement décrocha le téléphone.
- Monsieur, vous devriez venir.
- Que se passe-t-il, Georges, demanda le chef du service spécialisé.
- Nous avons un cas particulier à la détection des sujets.
En moins d'une minute, il vint s'assoir à ses cotés.
- ...je vous écoute.

Le lecteur doit comprendre au terme de ce récit que l'orphelinat Ste-mary était en fait la pépinière des Services Secrets Britanniques et que les futurs agents spéciaux du Mi6 devant accomplir les plus périlleuses misions étaient sélectionnés dans cette institution. Ces futurs agents super entraînés devaient être seul au monde car l'ennemie après les avoir débusqué, aurait eu tôt fait de menacer d'éliminer les membres de leur familles s'ils ne consentiraient pas à divulguer des informations Top Secrets.

- Le petit n'a montré aucune modification des battements de son cœur à la vue des statuettes. Son rythme cardiaque est anormalement bas; cinquante huit pulsations à la minute; aussi calme qu'un cobra.
- Êtes-vous certain que le capteur est opérationnel.
- Il a été vérifié avant que l'enfant ne se présente; il est opérationnel. L'aiguille de l'indicateur n'a même pas oscillé quand il a regardé les différents monstres du regard,  je n'ai jamais rien vu de tel.
- Comment cela pourrait-il être possible, dit le chef de secteur.

- C'est à se demander à quoi réfléchie cet enfant...Qu'en pensez-vous Monsieur.
- Ce que j'en pense Georges, je le ressens comme un garçon qui deviendra extrêmement dangereux  et 
j'espère seulement à ne pas avoir à affronter, un jour, ce type au corps à corps.

- Mais vous êtes le meilleur du service Monsieur.


- Avez-vous remarqué la largeur de son cou; cet enfant deviendra certainement un athlète endurcie et il sera capable, rendu à l'âge adulte, avec un peu d'entraînement de vider un bar à lui tout seul. Il a une carrure, une démarche...un je ne sais quoi à vous glacer le sang...


Dans un des moniteurs muni d'un oscilloscope, tout à coup, on constata au surplus et avec stupéfaction que son battement de cœur baissa encore davantage lorsque le jeune garçon tout en conservant sa belle figure angélique, balayait lentement, très lentement...trop lentement du regard les gargouilles hideuses judicieusement bien placées et bien en vue dans la pièce pour capturer son expression. C'était à se demander s'il n'avait pas ce désir viscéral de voir apparaître tous ces montres en vrai pour prendre plaisir à les affronter en combat singulier. On pouvait percevoir avec évidence dans la forme de ses yeux légèrement plissés et mi-clos, le moment précédent la foudroyante attaque du tigre du Bengale, le plus dangereux, le plus puissant et le plus cruel de sa race. Les agents secrets médusés ne comprenaient plus rien car ces figurines à l'allure peu sympathiques provoquaient la peur, l'effroi chez tous les orphelins, sans exception quand ils pénétraient dans ce bureau aménagé expressément pour mesurer leurs battements de cœur signifiant si on avait affaire à un froussard ou à un futur agent des services secrets. Si le rythme cardiaque aurait simplement monté d'un cran en portant les yeux sur les monstres, déjà cela aurait été quelque peu normal, rassurant et nous aurait préparé à passer une bonne nuit à relaxer  mais de là à abaisser significativement la fréquence de son pouls prouvait hors de tout doute que nous avions affaire à un personnage hors du commun et nous laissaient un goût amer quant aux effroyables et multiples possibilités inconnues de la nature humaine.. On constata également qu'il ne démontra aucune réaction, pas la moindre indication de tic ou un quelconque signe de nervosité que cherchaient à capter les dizaines de caméras et capteurs ultrasophistiqués discrètement fixés sur le visage, la dilatation des pupilles et la démarche du petit. Inimaginable pour les agents rivés sur les moniteurs et cela allait rendre plus que perplexe toute la panoplie des psychiatres du Mi6, versés dans la science du comportement appliquée aux lavages de cerveaux qui auraient dans les semaines subséquentes à analyser les images stupéfiantes qui venaient d'être captées.
- C'est inconcevable tout cela, Georges,  se pourrait-t-il que nous possédions en nos murs une pure bête sauvage, la plus parfaite des machines à tuer; je vais avertir Londres immédiatement pour qu'on m'envoie en priorité l'équipe du Proche-Orient, ils pourront peut-être nous guider davantage pour le petit...ils sont plus versés que nous dans ce genre de situation. Avez-vous même une petite idée de ce que représente ce garçon.

- Notre prochain candidat pour le nouveau projet des doubles zéro.
- Ce sera, et de loin, le meilleur. Nous en avons présentement six...bienvenue avec nous double zéro sept, la Dame aura bien besoin de vous dans quelques années, dit-il, regardant un second moniteur qui cette fois montrait la figure du petit à plein écran...et...ces yeux, si beaux, prédominants, tellement dociles mais qui par ce qu'ils représentaient pour les dépisteurs du contre-espionnage médusés, qui pourtant en avait vu d'autres, une douceur qui leur donnait plutôt froid dans le dos.

- Mettez tout en branle, vous partez pour Londres après le diner. Préparez et rassemblez tous les documents du projet double-zéro, le Mi6 doit être mis au courant ce soir même; je contacterai M pour lui annoncer votre arrivé.
Bien Monsieur.
Sans même qu'il n'en reçu la permission, l'enfant s'avança d'un pas décidé devant le Commissaire de l'orphelinat bien calé dans un large fauteuil de cuir brun, orné de ruban d'or. Il était venu lui annoncer ce qu'il attendait depuis longtemps.
- Entrez James, savez-vous pourquoi je vous fais venir ce matin.

- Oui Monsieur, pour me donner un nom de famille.
- Bien, vous avez six ans, vous devez avoir un nom de famille dit l'homme le regardant avec un large sourire. Il prit un air débonnaire et fixa le petit droit dans les yeux avec grande tendresse comme s'il s'adressait à son propre fils car il savait que ce moment était important pour l'enfant.
''Bond''...James Bond...tel sera votre nom Monsieur Bond.
- Merci Monsieur.
- Maintenant, vous pouvez aller rejoindre vos camarades dans la cour de récréation, lui souffla-t-il, arborant du même coup, un large sourire.
- Monsieur, dit-il avec gentillesse.

Quittant la pièce, l'homme étant persuadé qu'il avait fait grande impression sur l'enfant et il feuilleta le pédigrée de Bond: Père inconnu et mère...Oh...son nom a été biffé,  impossible de lire à travers la feuille même en la passant devant une forte lumière. Il eut quand même cette drôle d'impression d'avoir perçu le début d'un grand ''L'' majuscule. Son grand-père ne serait certainement pas Lord...dit-il à mots couverts. Impossible, mais très certainement un père costaud, un marin probablement, Écossais, dit-il à haute voix, acquiesçant un sourire et faisant référence à ses propres origines.
Ses amis l'attendaient avec impatience.

- Et puis.
- ''Bond'',  James Bond.
Baxter, Breck, Bennet, Bryan et Borden se réunirent autour de lui pour échanger leurs billes; c'est ce qui importait pour les inséparables amis du couloir ''B''. Chacun d'eux avait un nom commençant par la lettre ''B''. Quoi de plus pratique lors des journées de vaccination que de tenir un registre par ordre alphabétique et de vider ou de remplir rapidement une aile de ses pensionnaires. Simplification pour les vaccins mais également et pour demeurer plus terre à terre, pour former des équipes de Rugby. Les ''A'' contre les ''B'', les ''C'' contre les ''D'' où enfin les ''E'' ou les ''F'' puisqu'il y avait six couloirs à Ste-Mary.

7 ans          James Bond le commencement


Les enfants, vous pouvez aller où vous voulez mais on se retrouve à cinq heures à la sortie, dit sœur Anièce, responsable de l'activité.

- Est-ce que tu viens-tu avec nous, James?
- Non, continuez sans moi, je vous rejoindrai plus tard.

Sans regarder ses amis qui se dirigeaient vers une autre section du British Muséum, il préféra demeurer devant un portrait géant. C'était une gigantesque toile donnant l'impression de faire plus de deux étages représentant une grande Dame,  une Princesse, sa Princesse... la plus belle de tous......en fait, une peinture originale presque semblable à celle qui était apposée sur le mur près de son lit lorsqu'il était enfant.

Figé, avec l'œil perçant d'un aigle, l'enfant regardait les yeux de la femme et scruta chaque coup de pinceau que l'artiste avait apposé sur la toile. Déjà au détour du grand couloir menant à la section dédié aux portraits de la royauté, le regard bienveillant de la Princesse Elizabeth l'avait déjà dardé au cœur qui s'était instantanément enflammé tel la mèche d'un baril de poudre noir. Des odeurs émergeaient directement de son enfance, des souvenirs venus subitement du passé, s'entrechoquèrent, le submergèrent, l'enveloppèrent d'émotions indescriptibles, une chaleur torride, subtilement délicieuse, jamais ressentie auparavant commença à se propager dans tout son corps.

Tout à coup, à sa droite, ce qui lui parut une ombre s'approcha de lui.
C'était une homme, grand, bien charpenté, solide, portant un grand chapeau blanc qui ne laissa paraître que très peu son visage.

- Aimez-vous cette peinture, Monsieur?
- Oui, dit-il, la voix un peu tremblotante.
- Ravi de vous rencontrer Monsieur, John Hunter, conservateur des peintures du British Muséum, c'est moi et mon équipe qui retouchons les œuvres endommagées et j'aime bien à l'occasion rencontrer des gens au hasard pour leur demander leur appréciation. Par exemple, cette toile, nous l'avons quelque peu rafraîchi l'année
 dernière et je crois que nous avons fait un bon travail...qu'en pensez-vous. 

- Je ne sais  pas, c'est la première fois  que je viens ici.
- Cette Dame représente une partie de l'histoire de notre pays! dit Hunter.
- Elle sera probablement l'une des plus grandes reine que l'Angleterre aura connu. On dit qu'elle a des nerfs d'acier murmura-t-il  mais de façon à peine audible, ce qui donna l'impression à l'enfant qu'il s'adressait  à lui, en toute confidentialité.

Puis  se tournant vers le garçon il ajouta doucement, avec calme... et semble-t-il,...elle n'a peur de rien.

L'homme garda un long moment de silence et voyait que l'enfant réagissait fiévreusement à ses propos même si son regard était fixé sur la grande toile; il remarqua des gouttelettes de sueur sur son front. Ses yeux semblaient scruter, analyser chaque détail comme pour valider les propos de son interlocuteur.

- Quelle coïncidence, aimeriez-vous avoir un beau livre qui raconte son histoire, j'en ai un de trop ici dans ma poche et je vous le donne avec plaisir.
Merci Monsieur, il tendit la main pour le saisir et toucha, effleura avec grande douceur du bout de l'index, la figure de la Princesse qui remplissait la couverture .
- Dites-moi, si cette Dame désirait vous rencontrer, accepteriez-vous d'aller la voir?
- Oui, répondit-il, le fixant dans les yeux.
À cette question qui lui traversa le cœur tel la flèche propulsée par le puissant arc d'Ulysse, sa réponse fut si immédiate, en fait trop rapide et forte en intonation pour que quiconque ne puisse deviner que l'enfant avait été fortement, violemment secoué.

Puis, l'homme baissa davantage le son de sa voix et se plia à sa hauteur pour renforcir l'intimité du moment: «savez-vous Monsieur que cette grande Princesse adore les enfants et tout particulièrement  les orphelins.»
- Non.
- Et, savez-vous  pourquoi elle aime particulièrement les orphelins?
- Non, dit-il se tournant vers lui.
- Car ceux qui ont été dans un orphelinat sont des enfants qui sont leur propre maître et ils sont les seuls à décider de leur avenir.
Mais en tant que restaurateur d'œuvre d'art, je trouve et il pointa la toile de son index que vous et cette dame, avez les traits du visage assez semblables. Regardez bien la courbure de son nez, ses paupières, la courbe de sa joue! Si vous vous regardiez dans un miroir, vous seriez à même de voir que j'ai raison. Vous lui ressemblez tellement ; en fait, c'est à s'y méprendre. On me dirait que vous seriez véritablement son fils que je le croirais. Puis l'homme se releva et le laissa à ses pensées, à une profonde réflexion.

- Ce n'est qu'une supposition, mais je vois, Monsieur que vous êtes un brave garçon et je suis convaincu que cette Dame serait fière si vous étiez son fils. Tellement qu'elle aurait certainement envie de vous serrer dans ses bras et de vous embrasser. Elle aurait certainement pour vous un amour inconditionnel.
Terrassé, l'enfant le regarda stupéfait.
- Mais il y a une condition pour que cette belle Princesse soit fière de son fils...de vous M. Bond!
À cela, leur regard se croisèrent et voyant un peu d'humidité dans les yeux de l'enfant il lui dit: c'est qu'il doive suivre le droit chemin et qu'il devienne obligatoirement quelqu'un de bien.
Vous me comprenez n'est-ce-pas...! dit-il sèchement.

Cette dernière remarque propulsa le jeune James Bond loin, très loin dans une charge émotive beaucoup trop brutal et incapable d'être absorbée par un orphelin qui n'avait jamais reçu d'aucune façon même un semblant d'amour et de tendresse. La vision embuée, il eût à peine le temps de remarquer la figure de l'homme qui lui fit un large sourire suivit d'un sympathique clin d'œil qui lui dit délicatement: Bonne journée Monsieur.

- Bonjour Monsieur, lui dit le garçon...étourdie, presque au bord de l'évanouissement.

Le souffle court, la gorge asséché, le jeune enfant scruta rapidement au loin s'il ne voyait pas ses camarades et se tournant vers l'homme, qui semblait le connaitre, un homme qui lui portait une grande attention tel un père, lui, un simple orphelin; il savait dans son fort intérieur que cette rencontre le poursuivrait pour toujours. II remarqua qu'il était déjà loin et le vit disparaître, empruntant une porte discrètement placée entre deux sarcophages.

En fait, cette visite au British Muséum avec ses amis de l'orphelinat et la présence de l'homme au chapeau blanc était-elle réellement le fruit du hasard?

Quelques mois auparavant                James Bond le commencement

Étendue sur une chaise longue de bois d'ébène décorée de ligne d'or, près de la piscine du très chic Ocean Hotel dans les Caraïbes, un corps d'athlète à la peau bronzée que l'entraînement aux plus dangereux, violents et impitoyables sports de combat avait parfaitement bien sculpté et sur laquelle deux très jolies jeunes femmes appliquaient sensuellement un film de crème solaire hautement protéiné, l'homme se leva d'un trait lorsqu'un garçon de l'hôtel tenant un téléphone placé sur un couvert d'argenterie lui signifiât: ''C'est Londres M. Hunter''.
- Merci garçon.

Il apporta le combiné à son oreille: ''John Hunter...par le vol 756 de 10:30.. demain matin...j'y serai'' et il redonna le combiné au messager.
- Merci, garçon.
- Nous n'avons plus que quelques heures à passer ensemble mes Dames...nous allons à ma chambre ou à la vôtre?

Londres                                   James Bond le commencement

- M vous attend John.
- Merci Money Penny, un peu frais ce matin.
Il entra dans le bureau
- Bonjour John.
- Bonjour Monsieur.
- Votre mission au Caraïbes ne vous a pas trop fatigué.
- Non Monsieur, lui dit-il tout souriant.

- Bien, Ste-Mary vous réclame en priorité avec votre équipe, ils ont un cas très spécial avec un enfant.
- Ah oui.
- Il se nomme ''Bond'', James Bond. Il ne réagit à aucun de vos stimulus.
Hunter se mit à rire aux éclats.
- Il n'y a pas de quoi rire Docteur John, tout en lui présentant un scotch sur glace 
- Ste-Mary est vraiment dans l'embarras avec leur sujet.
- Pardonnez-moi Monsieur mais lorsque nous avons installé le système de détection, vous avez été le premier à mentionner que nous ferions faire des cauchemars à ces pauvres orphelins et vous me dites le plus sérieusement du monde qu'il y a un enfant qui n'a pas réagi à notre mise en scène?
- Je sais Docteur mais  il s'est produit un phénomène avec cet enfant qui dépasse l'entendement et vous êtes le seul avec votre équipe qui pourra nous fournir une explication. Rodgers, le Directeur de Ste-Mary vous attend demain  9:30 pour vous donner plus d'explications; je n'en sais pas davantage.
- Une question John, si cet enfant ne réagit pas au stimulus, y a t il danger qu'il devienne un assassin.
- C'est très probable Monsieur, mais nous verrons à le diriger convenablement, soyez sans crainte.
Le visage de M  s'illumina et il se trouva rassuré à la réponse donné de Hunter.

Le Docteur John Hunter était depuis quelques années le Directeur en chef section psychiatrie du Mi6. Diplômé d'Oxford, il avait fait des études dans plusieurs branches de l'université jusqu'au temps où par un pur hasard lors d'une joute d'échec amicale, on constata qu'il possédait un grand potentiel d'analyse. On lui fit passer quelques tests d'intelligence qui lui octroyèrent un quotient de 128 mais quand les résultats se retrouvèrent sur le bureau du Mi6, le véritable niveau du quotient intellectuel de John Hunter indiquait plutôt 174. Il devint sans qu'il ne le sache durant toutes ses études, la pupille des Services Secrets de Sa Majesté. L'homme avait un tempérament pour la vie trépignante et il aimait particulièrement les sorties entre copains ou l'alcool et les femmes avaient le haut du pavé. Et pourquoi n'en aurait-il pas profité puisqu' il n'avait pas besoin d étudier pour bien réussir. Ses résultats étaient quand même  asssez bon bien qu' on avait reçu l'ordre de baisser intentionnellement ses résultats pour que le KGB ayant, cela va de soi, ses espions à Oxford, ne soupçonne d'aucune façon l'existence d'un garçon qui possédait une telle intelligence au sein de la nation Anglaise. Il était constamment, secrètement surveillé par des agents qui veillaient à ce que rien ne lui arrive de fâcheux. Un soir, avec ses amis, comme cela arriva souvent, ils prirent par simple plaisir afin de mesurer les nouveaux mouvements de boxe Thaïlandaise récemment appris, à se frotter à une bande de voyous des bas-quartiers. Dans son cercle d'amis de l'Université, un étudiant Thaïlandais de famille noble les avaient initié à cet étrange combat qui s'apparentait à la savate Française et qui par son efficacité était des plus meurtrière si l'on ne savait comment l'employer et la contrôler. Dans l'échauffourée et comme toute bonne bagarre, les  protagonistes assez souvent se donnent la main à la fin des hostilités. Mais un des belligérants passablement trop meurtri par un coup de pied de Hunter qui lui avait fracassé la mâchoire, avait fait fi de cette loi d'honneur et avait menacé le jeune homme de le buter à la prochaine occasion. Les agents ne prenant aucune chance, sans que personne n'en sache rien et bloquant l'information dans les journaux, ils n'eurent d'autres choix, au détour d'une ruelle sombre, quelques jours plus tard, à devoir lui placer trois balles derrière la tête.

- Bonne route John.
- Merci Monsieur, le scotch était excellent.

De retour à l'orphelinat   James Bond le commencement

- Bonjour Karl, dit Hunter au jardinier qui venait de lui ouvrir la portière de sa MG
Bonne journée Monsieur, Monsieur vous attend.

Il pénétra dans l'enceinte de l'orphelinat pour se diriger immédiatement en direction de la  porte des toilettes pour homme. Rendu dans la cabine de la cuvette, il actionna quatre coups sur la chasse d'eau. La toilette bascula doucement dans le plancher et s'ouvrit une porte blindée. Hunter pénétra dans la pièce dans laquelle deux personnes s'affairaient pour l'un à réparer un appareil électronique et l'autre étant en communication avec Londres. Rodgers, le chef du service vient à sa rencontre.
- Bonjour Docteur Hunter, avez-vous fait bonne route.
- Oui Monsieur, la campagne anglaise; il n'y a rien de plus beau au monde.
- Venez dans mon bureau, j'ai des documents à vous montrer.
- Nous avons un enfant ici depuis qu'il a deux ans, il se nomme James Bond et il est assez particulier.
Rodgers lui tendit un graphique.
- Vous voyez ici Docteur le graphique de Bond superposé à tous les enfants rencontrés.
- Oui, je vois qu'il est bien en deçà de la norme. Nous n'avons jamais rien vue de tel ici et on se doit de trouver une explication à tout cela.
Je contacte mon équipe immédiatement pour qu'ils arrivent par le prochain vol avec l'équipement.
Il serait important Monsieur que le jeune Bond ne me voit pas pour l'instant et j'aimerais rencontrer les religieuses qui en ont pris soin. Sera-t-il possible également de visiter son dortoir actuel et celui quand il était tout petit?
- Certainement docteur, nous allons envoyer les enfants en visite au bord du lac demain et vous aurez tout le loisir de circuler à votre guise. Est-ce que cela vous conviendrait?
- Très bien.
- Maintenant, je vais vous présenter notre mère supérieure.
- Entrez
- Sœur Gabrielle, permettez-moi de vous présentez M. John Hunter.
- Bonjour Sœur Gabrielle, et il lui serra la main
- Maintenant, je vous laisse.
- Merci Rodgers, dit Hunter.
- C'est à propos de l'enfant que vous venez me voir, de James Bond, n'est-ce pas.
- Exactement ma sœur, nos services ont quelques vérifications à faire car James est comme on dirait...trop calme, beaucoup trop calme.
- Calme, c'est vrai qu'il l'est, on ne peut le nier, mais de là à faire déplacer un des chef des services secrets,  me dépasse quelque peu. Je sais bien que la nation a choisie notre orphelinat pour ses projets de dépistage de ses futurs agents mais vous comprendrez que l'on s'attache à ses petits et que nous sommes bien inquiètes de leur santé et de leur bien-être.

- Bien que nous n'en soyons pas encore certain, James Bond deviendra soit le meilleur agent des Services secrets ou possiblement aussi, j'en ai bien peur, le pire des assassins qui tuera de sang-froid quiconque  se retrouvera sur son chemin. Il est encore trop jeune pour mesurer son quotient intellectuel mais s'il s'avérait d' une intelligence au dessus de la moyenne, il y a de fortes chances qu' il aura fait de nombreuses victimes  avant qu'il ne finisse ses jours en prison car ce genre de criminel est difficile à débusquer. 
Il n'y a pas à en douter et il déposa les graphiques sur la table. Ces données ne vous diront possiblement rien ma sœur mais croyez-moi, c'est mathématique et c'est presque une certitude, nous devons encadrer James Bond pour son bien et celui de l'Angleterre, dit-il dans un éclat de rire saisissant et qui consistait également à rassurer sœur Gabrielle des intentions bienveillantes des services secrets de Sa Majesté qui avait quelques fois la réputation, et avec raison, de soulever quelques craintes.
- D'accord, dit sœur Gabrielle, par quoi commençons-nous, dit-elle, arborant un large sourire?
- Le dortoir et le lit où il couchait depuis son arrivée. Vous m'avez mentionné sœur Gabrielle que vous l'aviez connu toujours aussi calme.
- Presque toujours.
- Presque, dit Hunter.
- Les soirs d'orage,...nous avons remarqué aux soirs d'orage qu'il ne se réveillait plus.
- Ne se réveillait plus, dites-vous. Parce qu'il se réveillait avant.
- Oui mais quelques semaines après être arrivé ici, on constata qu'il ne se réveillait plus quand le ciel se déchainait. De plus, il ne pleurait pas lorsqu'il était fiévreux et malade. Même recevoir des vaccins ou des piqûres ne le dérangeait  pas.
- Nous avons tout simplement pensé que c'était un bon bébé, un enfant tranquille.
- Je crains ma sœur que ce soit beaucoup plus qu'un enfant tranquille pour le Mi6.  
- Il faudra avertir discrètement tout le personnel d'être aux petits soin avec lui et également  ses proches camarades. Il est impératif que son passage à Ste-Mary soit pour lui des plus agréables. Il faut que votre orphelinat constitue pour James bond, son refuge, sa meilleure référence dans la vie. Nous aimerions  également  que vous mettiez plus de chaleur pour les grandes occasions comme Noël ou Pâques, la fête des moissons et bien d'autres encore; ne négligez rien, les budgets suivront. Soyez assuré que les Services Secrets de Sa Majesté ont pleine confiance en vous et à votre institution.   

Texte en construction  James Bond  le commencement

Il visita la chambre de James Bond lorsqu'il était enfant. Il vit tout autour du lit rien qui n'attira son attention. Il constata sans y prendre garde la décoloration du mur ou jadis le portrait de la reine était accroché mais sans que cela n'attire son attention outre mesure.
Rien ici ne peut expliquer le phénomène relié à l'enfant murmura-t-il. Il alla vers son lit qu'il occupa depuis l'âge de quarte ans mais encore là rien de concret ou de tangible.. Nécessairement cela devait être le dortoir de sa tendre enfance car on savait qu'il avait changé du tout au tout à cette période.
Il restait à John Hunter une nouvelle technique élaborée dans les laboratoire de psychologie de la CIA, études Top Secret mené de concert avec l'Université Harvard à Cambridge. Cette nouvelle technique que l'on désignait comme ''subliminale'' consistait à travailler avec les films au cinéma en positionnant une photographie à toutes les vingt-quatre séquences et qui ne s'adressait exclusivement qu'à l'inconscient. Lorsque l'équipe de John Hunter débarqua à Ste-Mary, les techniciens firent un montage avec d'innombrables photographies désignées par thème et insérées dans un film pour enfant.
Pour l'occasion, afin de faire plus réels, on demandait aux enfants puisque on leur passait un film d'aventures spatiales, de porter un espèce de casque d'astronaute jouet bien que celui de Bond était truffé de capteurs de détections à la fine pointe de la technologie.
On lança le film tant attendue par les orphelins et après quelques minutes, l'onde d'un oscilloscope se mit à biper fortement...l'enfant avait enfin réagit et on avait donc cette certitude de ne pas avoir affaire à un bloc de glace.
Hunter se leva d'un trait de son confortable fauteuil et demanda aux techniciens à quelle séquence le petit avait réagi.
- La soixante-douzième Monsieur .
Hunter sauta sur une pile de feuilles.
- Soixante douze, soixante-douze dit-il, voyageant de son doigt sur la feuille.
- Une photographie de la section royauté dit-il surpris et ne comprenant pas tout à fait ce que tout cela signifiait. Une photographie d'une personne quelconque, d'une statue, d'un personnage de l'orphelinat, voilà à quoi s' attendait John Hunter mais un portrait d'Elizabeth; cela le rendit très perplexe.  Son expérience sur le genre  humain ne l'avait pas préparé à une surprise pareille.

- La Princesse Elizabeth, s'écria-t-il. La Princesse Elizabeth répéta-t-il une autre fois comme s'il essayait de se convaincre d'une chose qui lui semblait à prime abord totalement impossible.
- Une future Reine d'Angleterre, dit-il encore tout en passant une main dans ses cheveux pour exprimer sa grande surprise, son grand étonnement.

Puis à la grande stupéfaction  du personnel présent Hunter s'écriât...«Mais oui...mais oui, tout celà est bien plausible» et il  ouvrit la porte d'un trait et accouru vers le grand escalier menant au dortoir de James Bond lorsqu'il était enfant. Il enjamba les marches deux par deux à pleine vitesse et courut à toutes jambes tel un marathonien dans le long couloir menant à la chambre du petit. Arrivé devant la porte il glissa sur une bonne distance pour se saisir du cadre qui le stoppa un peu en dehors de l'entrée.

Il pénétra doucement dans la chambre sombre, solennellement et avec grand respect comme dans un monastère puis il scruta au fond du dortoir où se situait le lit de Bond. Il approcha lentement du mur, ébahi par ce qu'il venait possiblement  de découvrir. «Mais il devait nécessairement y avoir un cadre ici, une photographie d'un personnage d'Élizabeth,» dit t-il, touchant l'endroit où on pouvait distinguer un changement de la couleur de la pierre. Ce ne peut-être qu'elle, tout pourrait s'expliquer maintenant.
- Est-ce un transfert se dit-il à voix haute, se peut-il que cela puisse exister vraiment, se produire comme certaines nouvelles théories semblaient vouloir le décrire. On avait insinué suite à de prodigieuses recherches en béhaviourisme que de faire téter  un singe nouveau-né en contact avec une pièce de manteau de fourrure chauffée à la même température  corporelle d'une guenon  dans laquelle on avait fait une incision pour y permettre le passage d'un biberon, permettait à ces singes à développer  un meilleur comportement. Donc, au même titre, se pouvait-il que de regarder une photographie d'une femme démontrant un beau sourire avait pu avoir un effet similaire.

Il sortit en courant et à toute hâte vers le bureau de la mère supérieure et il avait maintenant la certitude ou enfin, cette profonde conviction que sœur Gabrielle lui confirmerait que le cadre tout à côté du lit de James Bond, contenait une photographie presque identique avec celle qui avait fait fortement bipper l'oscilloscope quelques minutes auparavant.
 
Hunter se retira dans son bureau, ouvrit une bouteille de scotch et jeta le bouchon à la poubelle. Il en avait maintenant la preuve formelle; sa théorie basée sur l'ignorance de soi-même lors des premiers moments de l'enfance était confirmée. Il prit soudain conscience que pour la première fois dans l'histoire du monde, il venait de découvrir une séquence importante, en fait la plus importante qui définie un être humain. Bien que cette présence de l'enfant se retrouve nécessairement dans le ventre de la mère, elle trouve sa douloureuse aphothéose immédiatement après la naissance. Juste après s'être calmé du choc de la séparation, tout mammifère homme ou bête serait épris d'une présence d'amour si puissante qu'elle serait même difficile à supporter rendue à l'âge adulte. Une seule espèce pouvait encore le démontrer, pensa-t-il et c'est le chien. Lorsqu'il vient en contact avec son maître, le chien démontre un amour graphiquement comparable aux amoureux car on avait lors d'études, installer des électrodes sur différentes parties du corps de quelques chiens mâles et femelles et ils avaient démontré une similitude à l'excitation lors des préliminaires versus la rencontre d'avec le maître après une seule heure de séparation. Puis on avait validé ces données recueillies sur les bêtes à celui des humains lorsqu' ils avaient une relation sexuelle ou subissaient un coup de foudre. Certaine de ces études n'étaient pas une sinécure puisqu'on devait camoufler des senseurs dans le corps des sujets humains. Pour y arriver, on sélectionnait les plus beaux joueurs de l'équipe de rugby d'un collège, ceux qui avaient le plus de chance de rencontrer rapidement une jeune fille et on attendait que l'un d'eux subisse une fracture quelconque puis on l'opérait pour lui insérer des capteurs. 

Sa découverte lui donna mal à la tête toute une semaine puisqu'il prit conscience que la plus part des maladies mentales prenaient une toute autre tangente car elles ne seraient en fait que le déni profond d'une période heureuse mais tragiquement oubliée. Dès lors, la dépression devenait dorénavant toute simple et facile à guérir si le sujet traité prenait le temps de faire une réflexion profonde quant à sa vie d'enfant, cette belle présence qu'il avait oublié, délaissé pour avoir créer une identité propre qui en fait l'avait rendu malade au fil du temps par le contact avec des parents peu aimant, des frères et sœurs, professeurs, ou toute autre connaissances gravitants dans son milieu et peu conciliantes.  





Suite bientôt..
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